jeudi 31 janvier 2013

Chants d'automne



L'effroi primordial, implacable lucidité des premiers âges, seuls l'ont désormais en partage quelques initiés qui se transmettent, tel un virus létal, ce terrible héritage. Les ombres de Flamel, Fulcanelli, Simon le Magicien, Locuste, Zoroastre et Hermès Trismegiste hantent encore aujourd'hui Clermont-l'Hérault, pour qui sait les y apercevoir... Un exemplaire inconnu du Necronomicon, grimoire maudit entre tous, pourrait bien se trouver dissimulé dans quelque recoin d'une bibliothèque de Lunel, pour qui saurait l'y retrouver... Le terrible culte de Mithra semble avoir bel et bien ressuscité au coeur de la Camargue, au bord du Vaccarès, pour qui sait voir au-delà des apparences...



J'ai eu du mal à lire ce livre car ma lecture a réellement été en dent de scie. Il s'agit d'un recueil de nouvelles à la longueur variable et ressemblant pour certaines d'entre elles à une novella.

L'auteur est originaire du sud de la France, et situe la totalité de ses intrigues dans ces régions, en particulier la Camargue. Ainsi, les histoires portent de nombreuses particularités à côté desquelles je suis sûrement passée, n'étant pas de cette région. Ce régionalisme a été le principal frein à ma lecture.

Néanmoins, le fantastique bien présent dans chaque nouvelle réussit à transporter le lecteur dans un monde dans lequel la réalité est émaillée de forces inconnues, terribles et cachées. Un style lovecraftien revisité avec de nombreuses évocations du Necronomicon et d'entités horrifiques qui font trembler les personnages, et le lecteur aussi.

Un avis en demi-teinte donc pour ce recueil qui m'a laissé une sensation de frustration, ce qui est sans doute du au caractère régional de ces nouvelles. Je suis néanmoins toujours ravie de découvrir des écrits fantastiques où celui-ci apparaît au détour d'une page pour mieux nous surprendre...

Chant d'Automne.- Christian Jougla.- Ed. La Clef d'argent.- 2012

2 commentaires:

  1. Bonjour, Aranae,

    Mêler l'effroi du genre fantastique à l'intérêt curieux qu'éveille chez le lecteur toute porte ouverte sur le régionalisme est un don que possède Christian Jougla, l'auteur du recueil de nouvelles "Chants d'automne" (éditions La Clef d'Argent).

    Mais parlons ici, si vous le permettez, de ce régionalisme qui semble vous dérouter. Dans certaines de ces nouvelles, je pense au "Manuscrit", en particulier, il était nécessaire d'user de quelques termes techniques concernant la course (de taureaux) libre : "raseteur", etc. De longues explications techniques appropriées pour chaque terme eussent exigé des insertions pas toujours bienvenues dans un recueil de nouvelles fantastiques.

    Toutes proportions gardées, car je ne désire pas, si Christian Jougla par hasard me lit ici, qu'il puisse éprouver la moindre confusion, j'aimerais citer ces merveilleux écrivains régionalistes, parmi lesquels certains, de leur premier récit à leur dernier, le sont restés. Vous les reconnaîtrez aisément.

    Je pense à Alphonse Daudet, avec ses contes, nouvelles et romans, à Paul Arène qui conta la Provence, à Marcel Pagnol et ses recueils de souvenirs dans sa Provence natale, à Jean Giono, le romancier de haute Provence, à Joseph Delteil qui, surréaliste à l'origine, s'engouffra ensuite dans le régionalisme, et, plus près de nous, à Gaston Baissette évoquant le Languedoc de son enfance, à Max Rouquette, écrivain de langue occitane, traduit en de nombreuses langues...

    Non, le régionalisme ne peut dérouter. Au contraire, il éveille en moi un intérêt passionné, un désir très puissant de partir à la découverte de ces oeuvres écrites avec tant de talent par nos auteurs régionaux qui ont chanté et chantent toujours les villes et villages, les garrigues, les pierres brûlées par le soleil de leur région.
    Bien cordialement.

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  2. Ce recueil de nouvelles fantastiques m’a envoûtée : en partie même pour ces raisons qui vous freinèrent.

    Certes, après avoir feuilleté une première fois ce bouquin (la première page a fière allure), j’ai compris que ce recueil n’était pas à prendre à la légère ou à lire en attendant les transports en commun !

    Non, il s’agit de s’entourer de précautions, choisir le moment propice, établir les conditions idéales. Le dictionnaire à portée de main, une ambiance musicale favorisant la concentration, confortablement installée bien au chaud sous la couette car l’hiver n’en finit pas, dans ma région du Nord, je me suis donc plongée dans ces « Chants d’Automne » : avec la perspective de quelques belles fins de soirée !

    La plume érudite de Monsieur Jougla me plaît. Enormément. Ainsi, transportée par des intrigues aussi surprenantes l’une que l’autre dans ces régions du Sud de la France que secrètement je jalouse (je viens du Nord, vous disais-je), c’est sans gêne aucune que souvent, je me suis surprise à effectuer quelques retours en arrière afin de mieux saisir l’un ou l’autre détail qui, à la première lecture, m’avait échappé. Vous avez raison : le fantastique est bien présent, le lecteur est transporté dans un monde peuplé de forces inconnues, terribles et cachées ! Si je n’étais pas d’un naturel si raisonnable, j’en tremblerais, assurément !

    Et là où mes sentiments divergent par rapport aux vôtres, c’est à propos de ce régionalisme perpétuellement présent, moteur même de l’intrigue, que j’apprécie au plus haut point. J’ai lu le commentaire d’Améthyste ; comme elle, ces merveilleux écrivains régionalistes m’intéressent profondément car toujours, et c’est ici le cas pour les écrits de Monsieur Jougla, j’aime me sentir ainsi transportée, accueillie et guidée dans ces régions du Sud, du Soleil, de la Chaleur, de la Beauté !

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